Échec des Centres fédéraux d’asile: le SEM cherche des voies de secours

Berne, janvier 2026 – Le dysfonctionnement intrinsèque au système des Centres fédéraux d’asile (CFA) n’est plus à démontrer (voir notre brève). Tacler suite à des violences commises par les personnes chargées de l’encadrement dans les CFA sur les personnes en demande d’asile, le SEM tente de rebondir. Deux nouvelles propositions: un nouveau plan d’hébergement et un mandat – financé par les autorités – pour enregistrer les plaintes adressées par les personnes hébergées dans les CFA à l’encontre… des autorités. Un mandat d’ores et déjà considéré comme insuffisant par les associations de terrain.

Sources: admin.ch, «Nouveau plan d’hébergement pour soulager les centres fédéraux pour requérants d’asile», 17.12.2025 ; le Courrier, «Signaler les dysfonctionnements de l’asile», 18.01.2026 ; Solidarité sans frontières, «Mesures insuffisantes contre la violence dans les CFA», 21.01.2026.

Voir également: ODAE romand, «CFA du Grand-Saconnex: les conditions de vie pointées du doigt», brève, 05.11.2025 ; ODAE romand, «Pacte européen sur l’asile: les associations tirent la sonnette d’alarme», brève, 14.11.2024.

Cas relatifs

Cas individuel — 17/06/2026

L'ambassade suisse refuse les visas humanitaires pour une famille gazaouie au motif qu’elle ne serait pas en "danger manifeste"

Ayoub*, Hanan* et leurs trois enfants vivent dans des ruines, dans la bande de Gaza, depuis que les bombardements intensifs israéliens les ont forcés à quitter leur logement. La famille n’a ac-cès ni à l’eau potable, à une alimentation suffisante ni aux soins médicaux. Ayoub* souffre d’un diabète non traité et les enfants présentent de graves troubles psychologiques et des problèmes cutanés liés aux conditions de vie. Le fils de 11 ans, touché par un bombardement, souffre d’une paralyse partielle nécessitant des traitements spécialisés. Malgré la présence de proches en Suisse disposant de permis C et B et prêt·es à les accueillir, leur demande de visa humanitaire déposée en octobre 2025 est refusée par l’ambassade en octobre 2025 au motif de l’absence de danger manifeste. L’opposition adressée au SEM en décembre contre ce refus reste, à ce jour, sans réponse.
Cas individuel — 03/12/2025

Son traitement médical est interrompu à cause d’un manque de communication entre les autorités fédérales et cantonales

Le traitement médical de Zeynep* est interrompu lors de son transfert du Centre fédéral d'asile au canton auquel elle est attribuée, en raison d'un manque de communication autour de ses besoins médicaux et de l'absence de vérification que les soins nécessaires sont disponibles dans le canton.
Cas individuel — 10/09/2024

Un couple avec enfant doit se battre pour se voir reconnaître son droit au mariage et au regroupement familial

Kayden* est originaire d’Angola et arrive en Suisse à l’âge de 5 ans. Jusqu’en 2015, il bénéficie d’un permis B, qu’il perd en 2016 suite à plusieurs infractions pénales. Kayden* a un fils né en 2014. Il se met en ménage avec Valérie, ressortissante suisse. En 2021, Valérie* est enceinte et le couple fait une demande d’autorisation de séjour pour Kayden* en vue de leur mariage, mais le Service de la population du canton de Fribourg (SPoMI) refuse la demande et prononce le renvoi de Suisse. La décision est motivée par le fait que Kayden* a transgressé à plusieurs reprises la loi, que son intégration économique serait un échec et que sa relation avec son fils se limiterait à l’exercice d’un droit de visite. Kayden* dépose un recours contre cette décision au près du Tribunal cantonal (TC). Le couple devra attendre jusqu’en octobre 2022 pour que le TC admette le recours de Kayden*. Le TC reconnait que rien ne permet de douter des intentions matrimoniales des fiancé·es et qu’un renvoi en Angola priverait les enfants du lien avec leur père. Il considère en outre qu’il serait disproportionné d’exiger le retour du recourant en Angola, pays qu’il a quitté à l’âge de cinq ans et qu’il ne connait pas, pour revenir en Suisse une fois le mariage conclu. Le TC annule donc la décision du SPoMI et l’invite à délivrer à Kayden* une autorisation de séjour en vue du mariage.
Cas individuel — 30/01/2024

Gravement atteint dans sa santé, il survit à l’aide d’urgence depuis 7 ans

«Je n’ai pas de permis, je dois donc me battre à deux niveaux: pour ma situation administrative et pour ma santé.» Atteint d’une maladie grave qui affecte le système nerveux, Badri* est venu en Suisse afin d’être soigné car il ne pouvait pas l’être en Géorgie. Il demande l’asile, mais sa requête est rejetée par le SEM qui ordonne son renvoi. Badri perd peu à peu son autonomie, son corps se paralyse. Une opération en 2021 lui redonne une mobilité partielle, mais il a besoin d’un suivi médical pluridisciplinaire régulier. Il demande alors le réexamen de la décision du SEM en démontrant l’absence de soins en Géorgie, mais il reçoit à nouveau une réponse négative. Depuis sept ans, Badri survit donc avec une aide d’urgence de 275 CHF/mois.